James Holden – The Animal Spirits 2017

par | Avr 15, 2019 | Albums/Concerts, Critiques | 0 commentaires

James Holden, 2017 (cliquer le lien en bas de l’article pour l’acheter)

J’ai vraiment galéré : pas facile de trouver un nouvel album électro qui me plaise. Plusieurs heures à m’infliger de la house sans trippes, du Sound Clound sans talent. Et des heures de clap-clap tiédasse. Aussi insipide que le hip-hop mainstream, l’électro a perdu un peu de son âme quelque part dans un hangar en 1998.

Direction donc l’expérimental, le bizarre, l’insolite, le terminus des insatisfaits musicaux. Un album qui a un animal-esprit, un peu comme mon blog a son Fennec.

Je connaissais James Holden pour son Album-manifeste de minimale « Idiots are winning » (les crétins sont en train de l’emporter) que je critiquerai sans doute un jour ici. Et putain l’artiste ne s’est pas reposé sur ses lauriers. Exit la machine qui pleure, le synthé déviant de « Idiots ». Exit le Minimalisme. Voici le… « Post-Minimalisme ».

Appellations fantaisistes, car l’album ne rentre dans aucune catégorie connue. Ici, le sampleur est un instrument comme un autre, entre le saxophone de Jazz, le chant de gorge de moine tibétain, la guitare ou la basse. Seule constante, l’usage d’une nappe centrale distordue mais récurrente, qui induit une sensation de « voyage statique » très propre à James Holden et plus généralement aux gens sous anesthésiants hippiques.

L’œuvre empreinte à l’imaginaire nomade et shamanique, au rock psyché une patine très vintage :  « Animaux-esprit » et « Incantations pour objets inertes » nous parlent de tout ce qui vibre dans un univers rayonnant. Et de la grammaire pour parler cette langue, la musique.

Un album difficile, exigeant, à appréhender avec  une bonne heure d’écoute active, la tête au calme. Mais pour ceux qui en sont capables, le voyage est merveilleux.

Ca te plaira si :  Tu écoutes de la musique pour faire la BO du film dans ta tête. Tu es rentré de soirée mais c’est pas encore descendu. Tu cherches un truc à écouter en lisant Carlos Castaneda.

Ca te plaira pas si : Tu kiffes Cathy Guetta à Ibiza. Tu souffres de troubles de l’attention qui t’empêchent de te concentrer sur une track plus de 2 minutes. T’es la meuf relou qui me saoule en soirée pour passer Despacito.